FORESTERIE

Extrait L’Atlas du canada, ressources naturelles canada

« En raison de l’explosion démographique qu’a connue la planète au cours des cinquante dernières années, la demande de bois d’oeuvre et de bois à pâte a atteint un niveau encore inimaginable il y a 70 ou 80 ans. Parallèlement, la technologie a permis aux bûcherons de pénétrer plus en profondeur dans la forêt et leur a donné des outils de coupe plus efficaces. La hache a été remplacée par la scie à chaîne, à laquelle a succédé l’abatteuse multifonctionnelle qui est capable de couper des milliers d’arbres par jour. Autrefois, on se servait des cours d’eau pour transporter les grumes jusqu’aux scieries. De nos jours, elles sont transportées par camion toute l’année. Environ la moitié de la vaste forêt boréale du Canada est accessible par route et par chemin de débardage. »

« Les méthodes de gestion de la forêt, comme la lutte contre les incendies et les insectes, la coupe rase et la plantation, sont appliqués aux forêts accessibles à l’exploitation. On craint de plus en plus que ces méthodes provoquent à long terme une modification de la composition des espèces, une réduction de la diversité génétique et du nombre d’espèces ainsi qu’une vulnérabilité accrue de la forêt à d’autres phénomènes perturbateurs. »

« Le Canada est le plus grand exportateur de pâte de bois et le deuxième pays producteur de pâte en importance dans le monde. Il produit 20,3 millions de tonnes de pâte par année, dont
la majorité est vendue sous la forme de papier aux États-Unis (Ressources naturelles Canada, 2009b). Les Américains consomment 80 % des produits pour exportation de la forêt boréale canadienne et beaucoup du bois coupé sert à la fabrication d’articles jetables comme du
courrier poubelle, des catalogues et du papier hygiénique (U.S. Fish and Wildlife Service, 2006). »

http://www.pewenvironment.org/uploadedFiles/PEG/Publications/Report/PEGBorealWaterReportFrench.pdf

 

RAPPORT COULOMBE

Lointaine alerte (1944 ) :

« Cependant l’opinion publique s’éveille. En effet, jamais on a tant parlé de conservation de nos ressources forestières. Et nous avons le ferme espoir que bientôt, tout en tenant compte des besoins des marchés locaux et étrangers, l’État et l’industrie tiendront aussi compte des besoins des générations présentes et futures et de la forêt elle-même, ressource qui ne demande qu’à se renouveler pourvu qu’elle soit aidée par des coupes et des traitements appropriés. »

 – Edgar Porter, Chef forestier de l’Anglo Canadian Pulp and Paper Mills limited, 1944.

 

« Le ministère des Ressources naturelles n’est pas en mesure de déterminer s’il y a surrécolte du bois dans les forêts publiques. Mais au vu des lacunes dans les calculs de « possibilité forestière », il y a des risques que ce soit le cas. »

 – Vérificatrice générale du Québec, 2002

 

« Notre insistance à demander une enquête publique a porté fruit. En 2004 la commission Coulombe nous donnait raison. Elle préconisa une gestion écosystémique de la ressource.»

– Sophie Cousineau, Journaliste à La Presse :

 

« Que dit le rapport Coulombe, du nom de Guy Coulombe, le président de la Commission d’étude sur la gestion de la forêt publique québécoise? En quelques mots, que le Québec surexploite ses forêts, surtout depuis la fin des années 80. Que le documentaire L’Erreur boréale du chanteur Richard Desjardins, ce n’est pas le ramassis d’élucubrations d’un poète. Qu’on a surévalué la croissance des forêts ».

VIEILLES FORÊTS

 

« Les vieilles forêts – ou forêts mûres et surannées – ont longtemps constitué la matrice des paysages forestiers préindustriels dans la plupart des régions du Québec. Depuis le début du XXe siècle, l’exploitation forestière se concentre dans les massifs de vieilles forêts et tend progressivement à réduire leur abondance (Comité scientifique sur les enjeux de biodiversité, 2007).

En Fenno-Scandinavie, où l’historique d’exploitation des forêts est plus long, la raréfaction des vieilles forêts consécutives aux activités anthropiques a mis en péril des dizaines d’espèces soumises à ces stades de développement. Plusieurs études ont démontré que certaines espèces d’oiseaux, d’insectes, de champignons, de mousses et de lichens sont étroitement associées aux vieilles forêts (Martikainen et autres, 2000; Siitonen et Saaristo, 2000; Desponts et autres, 2004). L’exploitation forestière extensive des dernières décennies, qui vise à normaliser la structure d’âge en éliminant les forêts surannées (Gauthier et autres, 2008), a profondément modifié le portrait de l’âge des forêts. Le remplacement des vieilles forêts par de jeunes peuplements (inversion de la matrice) est préoccupant car il s’agit d’un changement majeur par rapport aux paysages historiques (MRNF, 2006).

Les portraits du paysage forestier préindustriel constituent une référence pour la mise sur pied des stratégies d’aménagement écosystémique (Varady-Szabo et autres, 2008… Le réseau d’aires protégées devrait comporter une proportion de vieilles forêts comparable à celle des paysages forestiers préindustriels. Ainsi le réseau d’aires protégées assurerait globalement une bonne représentativité de la composition et de la structure d’âges qui définissent ce paysage préindustriel. Cela signifie que le réseau devrait comporter une plus forte proportion de vieilles forêts que le paysage forestier actuel de la zone soumise à l’exploitation forestière. »

Texte intégral : Portrait du réseau d’aires protégées au Québec – Période 2002-2009

Plusieurs études disponibles.

LA FORÊT BORÉALE MONDIALE

 

Réginald Harvey : « L’univers boréal renferme à lui seul un tiers de la forêt mondiale et contient le plus vaste écosystème forestier de la terre… La région boréale du Canada abrite 90 % des dernières grandes forêts vierges du pays… Le Québec recèle une partie importante des 20 % de forêts vierges encore présentes sur la planète.

  • L’épinette noire, son symbole, l’arbre le plus « toff » du monde.
  • Le rôle de ce gigantesque écosystème. Captation de carbone.

L’INDUSTRIE FORESTIÈRE vs LE FORESTIER EN CHEF

 

  • La guerre du bois. Aujourd’hui, L’industrie forestière demande la quasi annulation des redevances qu’elle doit verser pour chaque mètre cube de bois récolté.
  • Cependant que le forestier en chef du Québec déplore le laxisme dans la réalisation du réseau d’aires protégées.

L’ENTENTE TEMBEC-ABAT

 

L’Abat conclut avec Tembec un protocole d’entente permettant à la compagnie de procéder à une récolte balisée de bois dans le territoire Kanasuta. La protection des cours d’eau et des milieux humides s’y trouve significativement renforcée.